Canto al hombre
Chant à l'homme
1
Emprende conmigo la travesía
hasta el límite de la noche
llevado por oleajes extremos.
Para que me enseñes
lo que sólo tú sabes,
dejaré mi lugar,
mi casa, mis cosas,
iré a tu paso sin descanso.
Eres hermano de los cedros,
hueles a limones de cosecha nueva.
El sol está en tu pecho.
¡Compártelo conmigo!
Le parcours de la nuit
fais-le avec moi
sous l'élan de vagues extrêmes.
Pour apprendre de toi
ce que seul tu sais,
je laisserai ma place,
mon foyer, mes affaires,
suivant tes pas sans repos.
Frère es tu des cèdres,
et répands le parfum des citrons cueillis
Ta poitrine est remplie de soleil
Partage le avec moi.
2
Un día,
incendié el horizonte
con un grito,
un pensamiento,
un ruego.
¿Es que no has visto
el abril de las cayenas,
el seto florecido
la humedad en el huerto?
Sembré de tréboles las calles
coroné de oro la ciudad,
abrí todas las ventanas
y los puentes.
Fui al mar y besé
cada grano de arena,
los bauticé de amores
y de jazmines nuevos
Un jour
j'ai brûlé l'horizon
de mon cri,
ma pensée,
ma prière.
N'as pas tu vu
l'avril des malvacées
le buisson fleuri
la fraîcheur potagère?
À la mer j'ai posé mes lèvres
sur tous les grains de sable
leur donnant le baptême des amours
et des jasmins nouveaux.
3
Te pregunté
¿el mundo alindera con Alguien?
Y me dijiste: con la Vida.
Te pregunté si un pueblo
que se abandona al yugo
tiene derecho a ser feliz
Y me dijiste que no.
Te pregunté
si había alguna razón
tan poderosa
para cometer un crimen.
Y me dijiste que nunca.
Te pregunté si todos
tenemos derecho a ser amados.
Y me dijiste:
tanto como tú lo eres.
Te pregunté
si me amabas:
"Si la eternidad no existiera
yo la inventaría,
para seguir amándote
Je t'ai demandé:
y a-t-il quelqu'un aux confins du monde?
La vie, tu m'as répondu.
Je t'ai demandé
si un peuple se livrant au joug
a le droit d'être heureux?
Et bien non, tu m'as dit.
Je t'ai demandé
s'il y avait une raison
si puissante
pour l'action criminelle?
Il n'y a pas, tu m'as dit.
Je t'ai demandé:
m'aimes-tu?.
Et tu m'as dit:
tout autant comme tu l'es.
Je t'ai demandé:
m'aimes-tu?
Et tu m'as dit:
"S'il n'y avait pas l'éternel
je l'inventerais
pour ne cesser de t'aimer".
4
Y Dios se conmovió
y no vio bueno
que estuvieras solo.
Mientras dormías
me sacó de tu pecho.
Porque salí de ti
porque Dios me hizo
de tu costado,
soy carne de tu carne
y hueso de tus huesos.
Y me nombraste por mi nombre
y mujer fui, nombrada por tu boca.
Y desde aquel entonces, el Amor
se enamoró del mundo para siempre.
Voici que Dieu fut ému
et ne trouvas pas bon
que tu fusses tout seul.
Il m'arracha de ta poitrine
au milieu de ton songe.
Parce que je suis sortie de toi
parce que Dieu me fit
de tes côtes
je suis la chair de ta chair
et l'os de tes os.
Et tu m'appelas de mon nom
et femme je fus, nommée de ta bouche.
Et depuis lors, l'Amour
s'énamoura du monde pour toujours.
II
5
Traigo cestos de frutas,
hileras de perlas y flores
para enlazarlas en tu cuerpo.
Me refugiaré en tu corazón desnudo
besaré las plantas de tus pies
los refrescará con el cristal del río.
Nada será más dulce que mi boca.
Pour faire des rubans sur ton corps
j'amène, pleins de fruits, des paniers
et des colliers de perles et fleurs.
A l'abri de ton coeur dévêtu
je poserai mes lèvres sur les plantes
de tes pieds rafraîchis au cristal de mon fleuve.
Rien n'y aura-t-il plus doux que ma bouche.
6
Yo te esperaba
en la puerta del mundo
tejiendo alfombras de praderas
para que no tuvieras frío
Je t'attendais
à la porte du monde,
en tissant les tapis au vert des prés
du froid t'épargnant.
7
Busqué
en todos los rostros
tu mirada.
Esperé
en las noches
del silencio.
Y ahora sueño
sobre la huella
que marcaron
mis pies
y escucho
que dices palabras
para mí,
humedecidas
de mar
y de tiempo
J'ai cherché
ton regard
dans tous les visages.
J'ai attendu
dans les nuits
du silence.
Et voici que je songe
sur les empreintes
laissées
par mes pieds
et je les entends
ces mots que tu dis
pour moi,
tous trempés
de mer
et de temps.
8
Como una mínima corola
como el ala de un pájaro,
así tiemblo cuando tú me miras.
Yo quiero ser perfecta entre tus brazos
Comme corolle minuscule
comme de l'oiseau l'aile,
je frémis sous ton regard.
Oh que d'être parfaite entre tes bras.
9
El ritmo de tu vida
teje la trama de mi vida.
Tiendes tus redes hacia mis caderas,
mientras la noche espera en sus delicias.
Libre y cautivo de mis brazos
tú descubres estrellas para mí.
¡Alma sin límites!
Dios te elige de nuevo cada día.
También te elijo yo.
Le rythme de ma vie
tisse la trame de ta vie.
Tu lances tes filets vers mes hanches
quand la nuit attend avec ses délices.
Libre et prisonnier de mes bras
tu me découvres des étoiles inconnues.
Âme sans limites!
Dieu t'élit chaque matin
et moi je t'élis.
10
Mis manos siempre
encuentran
el camino hacia ti.
Mis manos
fueron creadas
para el éxtasis,
y un río de dulzura
riega su aceite
por mi cuerpo,
Mis manos
siempre aguardan
tu presencia,
para dejarme estar
en tus dulzuras
y en tu pecho de dios.
Mes mains trouvent
toujours la route
qui va vers toi
C'est pour l'extase
que mes mains
furent crées,
et une rivière de douceur
répand son huile
sur mon corps.
Elles attendent toujours,
mes mains,
ta présence
pour me lâcher
dans tes douceurs
et ta poitrine de dieu.
11
Nada separa al mar de nuestros cuerpos,
sólo existen nuestras manos desnudas.
Las horas nos llevan en primavera
hacia los espacios resplandecientes.
Rien ne sépare la mer et nos corps,
il n'y a que nos mains nues.
Le printemps des heures nous emporte
vers les espaces resplendissants.
12
Sea yo tu sierva
en las noches,
sea tu esclava
y dueña.
Yo, la reina,
ejerzo mi grandeza
mientras tú me transformas
en amante y amada.
Hoy no quieres más que mirar mi boca
alzas tu flanco ante mí,
te complaces en mis cabellos
y saboreas mis sienes.
Dueño mío
capitán de la nave hacia la cima,
ejerce tu dominio
en la habitación del rey.
Je serai ta servante
toutes les nuits
je serai ton esclave
et ta maîtresse.
Moi, la reine
je fais valoir ma grandeur
quand tu fais de moi
l'amante bien aimée.
Tu ne vois que ma bouche aujourd'hui
tu lèves ton flanc devant moi,
tout assoupi dans mes cheveux
quand tu lèches mes tempes.
Maître à moi
capitaine du navire jusqu'au sommet
fais valoir ta maîtrise
dans la chambre du roi.
13
Recoge el gozo del lago en tus labios
y ofrécelo al fuego sagrado.
Desata una brisa interminable
que abrace mis sentidos.
Conjuremos el trueno
para que no asuste a las rosas.
Vivamos
la vida eterna de los amantes.
Cuando la luz alcance mi figura
mi oscuridad se llenará de ti,
y se elevará un velero
en una interminable ola voluptuosa.
Cueille bien la joie du lac dans tes lèvres
pour l'offrir à la flamme sacrée.
Fais éclater le souffle de la brise interminable
pour qu'elle embrasse tous mes sens.
Conjurons le tonnerre
qu'il n'effraie point les roses.
Vivons
la vie éternelle des amants.
Quand ton rayon de lumière atteindra mon visage
mon obscurité sera remplie de toi
et sur interminable vague voluptueuse
un voilier s'élèvera.
14
El sol dibuja
medallas en nuestras sábanas
mientras el alba
extiende sus jaguares
todavía entre las sombras.
Sólo nuestros cuerpos saben
de esta hora.
Mis entrañas
son el telar
de los helechos.
A la medida de tu amor.
Le soleil dessine
des médailles sur nos draps
tandis que l'aube
répand ses jaguars
encore dans les ombres
Seuls nos corps savent
de cette heure.
Le métier
des fougères
sont mes entrailles.
À la mesure de ton amour.
15
Eres navío en movimiento
tangible como el ritmo de tu voz
y en el huerto redondo me circundas.
Un río de almendras
ha caído en el instante del verso
encendiendo el fogaril de lo habitado.
Como buen navegante de lo eterno
un resplandecer de estrellas te acompaña
Tu es navire filant
que l'on touche au rythme de ta voix
et tu m'entoures dans le rond verger.
La rivière aux amandes
du vers, en instant , est coulée
allumant du lieu le foyer qu'on habite.
Navigant bien dressé de l'éternel
une resplendeur d'étoiles t'accompagne.
16
Ya se iniciaron las justas campanadas.
Por el íntimo gozo de nombrarte
te nombro amado, amante,
invento nombres para ti.
La palabra palpita,
como una llamarada pendiente en el vacío
y rompe la soledad del universo.
Voici les coups justes des cloches qui sonnent .
J'achève de la joie de dire ton nom
je te nomme, bien aimé, amant,
et pour toi les noms je les invente.
La parole palpite
comme une flamme suspendue dans le vide
et elle éclate la solitude de l'univers.
17
Tus ojos incendiaron la mañana,
y el mañana.
Y caminamos
por sendas perdidas
sin estrujar las flores
ni las piedras.
Y emprendimos la ruta
a la cima del mundo.
Marchamos unidos
hacia el corazón de la tierra.
Allí
te entregué todos mis secretos.
Y allí,
cumpliste todas tus promesas.
Y fuimos uno los dos
en el amor.
Y fuimos uno los dos
en la hermosura.
Le feu de tes yeux a brûlé l'aube
et l'aube de demain.
Et nous cheminons
sur des sentiers perdus
sans froisser les fleurs
ni les cailloux.
Et nous suivons la route
au sommet du monde.
Et marchons unis
vers le coeur de la terre.
Là,
tous mes secrets je t'ai livrés,
Et là,
tes promesses toutes furent remplies.
Et un seul fumes tous deux
dans l'amour.
Et un seul fumes tous deux
dans la beauté.
III
18
Eres el despertar del leopardo
eres el sonido del hacha en su vuelo
el celaje de un avión sobre el océano.
Eres la empuñadura de la espada
la dureza de la pértiga
el canto del ruiseñor.
Al nombrarte, se esparcen
los aromas de las uvas
y la sal del mar.
Eres hermano de los ríos
que viajan siempre, y de las noches
que aguardan sus mañanas.
C'est toi le réveil du léopard
c'est toi le son de la hache qui vole
le sillon traînant de l'avion sur l'océan.
C'est toi la poignée de l'épée
la dureté de la perche
le chant du rossignol.
À te nommer ils éclatent
les parfums des raisins et le sel
de la mer.
Frère est tu des rivières
voyageant pour toujours, et des nuits
quand elles guettent leurs matins.
19
Huésped del amanecer:
En tus manos
de acero flexible
se despliega la vida
Con tenaz insistencia
tus manos soportan
la fatiga de la sangre y los huesos,
conocen mi tersura
y los abrazos imperceptibles
de las formas.
Manos
que llegaron al mundo
para construir la esperanza.
Tu es l'hôte de l'aube:
Et dans l'acier flexible
de tes mains
la vie se déploie
La tenace insistance
de tes mains supporte
la fatigue du sang et des os,
qui connaissent ma douceur
sans qu'on voit les formes
embrasser .
Ces mains
venues au monde
pour bâtir l'espérance.
20
Cómo no amarte, si naciste
con el peso del mundo a tus espaldas,
para lograr lo imposible.
Cómo no amar tu silueta de pino
para mirar en ella el infinito,
y tus ojos de luz en primavera.
Y por ti, Dios
aceleró sus pasos
en el trabajo de sortear los laberintos.
Comment ne pas t'aimer
si du globe tu es né portant le fardeau
pour trouver l'impossible.
Comment ne pas aimer ton allure de sapin
pour voir dans elle l'infini
et tes yeux de lumière de printemps.
Et pour toi, Dieu
fit ses pas plus rapides
au travail
de vaincre les labyrinthes.
21
Echamos a andar
y nos perdemos juntos
en las calles, los parques
y las playas,
para encontrarnos
cada vez más unidos,
más uno en el otro.
Y vamos bautizando
los lugares
con palabras nuevas.
Desde que nos amamos
todo nos pertenece.
Las calles y los parques,
las playas y la Vida
Nous filons nos pas
et nous perdons ensemble
dans les rues, les parcs
et les plages,
pour nous rencontrer
chaque fois plus unis
l'un à l'autre.
Et parrains nous sommes
des endroits
aux paroles nouvelles.
Rien qu'à nous aimer
tout nos appartient.
Les rues et les parcs,
les plages et la Vie.
22
Inventaremos los viajes
con la punta de un lápiz
en el atlas.
Jugaremos a descifrar los enigmas
como la transparencia de los ríos
que no confunden sus riberas.
Compartiremos
la visibilidad
del pensamiento.
Nous les ferons les voyages
à la pointe d'un crayon
sur l'atlas.
Nous jouerons à déchiffrer les énigmes
comme des rivières la clarté
que nous cachent leurs rivages.
À nous de partager
la pensée
que l'on voit.
23
Viajaremos
en caballos de viento desplegados
como amantes del sueño y la grandeza.
Viajaremos en la aurora,
viajaremos en las noches,
no habrá muros, ni límites, ni sombras.
Le jour viendra de partir
sur les chevaux du vent déployés
tels qu'amants du rêve et la grandeur.
Le jour viendra de partir à l'aube
de parcourir les nuits,
sans les murs, les limites et les ombres.
IV
24
Tus palabras
se van quedando prendidas
en mi alma.
Hoy escribes
la belleza de mañana
con el líquido gramatical
sobre la arena.
Ejerce tu ardiente claridad
y me revelas las cosas de tu ser.
Elles s'accrochent
peu à peu tes paroles
dans mon âme.
Aujourd'hui tu l'écris
la beauté du matin
à l'encre de la grammaire
sur le sable.
Tu la fais valoir ta clarté ardente
me révélant les choses dans leur essence.
25
Vivir en ti
es viajar
de idea en idea,
de sueño en sueño,
de prodigio en prodigio.
Vivre dans toi
c'est voyager
d'idée en idée,
de rêve en rêve,
de prodige en prodige.
26
La palabra era el sueño
el amor era el sueño.
Y en la palabra
y en el amor
la Eternidad comienza.
Tu eternidad comienza
en las alas de un sueño.
Le mot était dans le rêve
et l'amour était le songe.
Et c'est dans le mot
et l'amour
que l'éternel commence.
Sur les ailes d'un rêve
ton éternité commence.
V
27
¿Cuántos somos
tú y yo?
¿Nosotros somos dos?
Nunca dos,
nosotros somos uno,
uno solo
y el Infinito.
Combien sommes nous
toi et moi?
Sommes nous deux?
Jamais deux,
nous sommes qu'un,
un seul
et l'Infini.
28
Cuando yo no estoy contigo
deseo que seas feliz,
aunque no tanto.
Diría más:
mucho menos feliz,
casi infeliz.
Mejor aún:
¡absolutamente infeliz!
Cuando yo no estoy contigo.
Sois heureux, c'est mon désir
quand suis seule sans toi,
mais pas trop.
Et j'ajoute:
bien moins heureux,
et même malheureux.
Mieux encore
malheureux absolu!
Quand suis seule sans toi.
29
Cuando toda la gente
te ofrezca su amor
ese amor será
mínimo junto al mío.
El mío
es
de la medida
de la creación
Y más.
Si jamais des gens
leur amour t'est offert
cet amour ne sera
rien près du mien.
Le mien
a
la mesure
de la création.
Et plus encore.
30
Cada lugar del universo
si estamos juntos,
es el Paraíso en el universo.
Chaque endroit de l'univers
quand nous sommes ensemble
est le Paradis dans l'univers.
31
Entre los bienes
que te he dado,
infinitos,
y los bienes
que tú me has dado
aún más infinitos,
se agranda
y se agranda
y se agranda
la infinitud del Bien.
Parmi les biens
que je t'ai donnés,
infinis
et ceux que tu m'as donnés
infinis davantage,
il grandit
et grandit et grandit
du Bien l'infini.
32
Siempre vuelves
acompañando al tiempo
en su venir.
Igual a un barco
me subo por el mar,
y empiezo a halar tu puerto.
Tu rentres toujours
joignant le temps
quand il arrive.
Comme un bateau
je monte par la mer,
et commence à tirer ton port.
33
Contigo
todo el tiempo
es presente.
Y el espacio
es aquí.
Tout temps
est présent
avec toi
Et c'est ici
l'espace.
34
¡No te duermas!
cuando duermes
el mundo se queda
en penumbras.
Ne t'endors pas!
Quand tu dors
le monde sombre
dans les pénombres.
35
Está lloviendo.
Y no puedo resistir
ni un segundo más
sin que sepas
que está lloviendo.
Il pleut.
Et je ne tiens plus
même une seconde
sans que tu saches
qu'il pleut.
36
Cuando me dijiste
que algunos sueños
se te habían perdido,
salimos juntos a buscarlos.
Y los encontramos.
Le jour où tu me dis
que tu avais perdu
quelques rêves,
ensemble sommes partis les chercher.
Et c'est alors que les avons trouvés.
37
Quiero ir al cielo.
Estoy segura.
Quiero ir.
Ahora sé cómo es:
tú me lo enseñaste.
Je veux aller au ciel.
J'en suis sûre.
Je veux y aller.
Je sais déjà comme il est:
tu me l'as montré.
38
Quiero vivir siempre contigo,
hasta convertirme
para ti,
en una rosa más roja
más roja que el rojo.
Toujours avec toi je veux vivre
jusqu'à devenir
pour toi
une rose plus rouge
plus rouge que le rouge.
VI
39
Cuando Dios dice amor,
Dios dice rosa.
Y cuando Dios no dice nada,
Dios dice amor.
Por eso hay tantas rosas.
Dieu dit bien amour,
quand Dieu dit rose.
Et quand Dieu ne dit rien,
Dieu dit amour.
C'est pour ça qu'il y a tant de roses.
40
Dios mío,
para quererlo más
yo no quiero tener
un corazón pequeño.
Dame un trozo del tuyo.
¡Es demasiado grande para ti!
Mon Dieu,
pour l'aimer davantage
que mon coeur ne soit
trop petit.
Donne moi un morceau du tien.
Il est trop grand pour toi!
41
Para hablarte
tomaré prestado
el lenguaje de Dios.
Un prêt je prendrai
du langage de Dieu
pour te parler.
42
Ven, amor,
reza conmigo:
Padre Nuestro
que estás en nosotros,
Bendito seas.
Nosotros
somos tu reino.
Este es tu nombre,
esta es tu tierra,
este es tu pan.
Tú te amas a ti mismo
en nuestra sangre.
Nosotros
somos tu reino
¡Bendito seas!
Viens, amour
prie avec moi:
Notre Père
qui es en nous,
Bénis sois tu.
Ce sommes nous
ton règne.
Voici ton nom,
voici ta terre,
voici ton pain.
C'est toi même que tu aimes
dans notre sang.
Ce sommes nous
ton règne.
Bénis sois tu.
43
Cuando termine este universo un día
y Dios, que no se cansa de crear,
invente un universo, invente un universo nuevo,
nosotros,
los que vencimos al dolor
y al olvido
habitaremos en su casa
y desde allí
presenciaremos juntos
lo posible.
La fin viendra un jour de cet univers
et quand Dieu, le créateur sans fatigue,
fasse bien un univers nouveau,
nous,
ceux qui vainquimes la douleur
et l'oubli
habiterons sa demeure,
et de là
ensemble nous verrons
le possible
44
Porque nos hemos amado tanto
porque nos amamos tanto
porque nos amaremos tanto,
en nuestro último amanecer,
Señor, Tú nos dirás también:
"Hoy estarán conmigo en el Paraíso".
Parce que nous nous sommes tant aimés
parce que tant nous aimons
parce que tant nous aimerons,
à notre aube la dernière,
Seigneur, Tu nous diras aussi;
"Aujourd'hui vous me joindrez au Paradis".
VII
45
No te vayas sin mí,
ni siquiera hacia la muerte.
Ne pars pas sans moi,
même pas vers la mort.
46
Cuando tú no estás
nunca amanece.
Eres lo matinal, lo meridiano.
Déjame estar en tus raíces,
nadie podrá arrancarme de ti.
Il n'y a point d'aube
quand tu n'y est pas.
Tu es le matinal, le méridien.
Laisse moi pousser dans tes racines
rien ne pourra m'arracher de toi.
47
Cuando estás ausente,
yo también estoy ausente.
Ya no querré moverme
ni respirar
y podría morir.
Auséntate mañana,
es posible que así
me muera un día más tarde.
Déjame vivir un día más.
Quand tu es absent
je suis absente aussi.
Je ne voudrai plus bouger
ni respirer
et pourrai mourir.
Laisse à demain ton absence,
il se peut qu'ainsi
je mourrai un jour plus tard.
Laisse moi vivre encore une journée.
48
Y cuando la muerte me haya convencido
con sus argumentos más vehementes
te pondrás triste como un árbol de invierno.
El día de mi muerte
has de morirte tú también.
¿De qué te valdrá vivir sin mí?
La alegría se habrá ido para siempre
el cielo se pondrá pálido de tanta lluvia
y el sol no se encontrará más.
El mar se habrá extraviado
a los pájaros nadie sabrá dónde los han puesto
y las flores se guardarán en sus capullos.
Para que la tierra no entristezca
de tanto tú sufrir,
has de morirte tú también.
Y si no te mueres, entonces
te morirás de no morirte.
Et quand la mort aura pu me convaincre
au moyen des plus tenaces arguments
tu deviendras triste comme un arbre en hiver.
Le jour de ma mort
à toi de mourir aussi.
À quoi bon vivre sans moi?
La joie sera partie pour toujours
le ciel deviendra pâle de tant de pluie
et point ne verra-t-on le soleil.
La mer sera perdue
on ne saura plus où se trouvent les oiseaux
et le fleurs n'ouvriront pas leur boutons.
Pour que la terre ne s'attriste
de te voir tant souffrir
à toi de mourir aussi.
Si tu ne meurs pas, alors
de non mourir tu mourras.
49
Y si tú mueres primero
pondré banderas
con tu nombre en cada estrella.
Déjame pasear tu nombre
por las plazas,
déjame que lo enlace entre los árboles.
Lo llevaré a los mares y a los montes
para impregnar de tu alma
el corazón del mundo.
Si tú mueres primero, ¡habita en mí!
Yo quiero navegar tu muerte por mi sangre.
Mi amor es suficiente para llenar la eternidad.
Si tu meurs d'abord
je hisserai des drapeaux
à ton nom sur chaque étoile.
Laisse moi promener ton nom
à travers les places,
laisse moi l'entrelacer parmi les arbres.
Je l'amènerai jusqu'aux mers et montagnes
pour répandre ton âme
sur le coeur du monde.
Si tu meurs d'abord, habite en moi!
Je veux naviguer ta mort par mon sang.
Mon amour suffit à remplir l'éternité.
Se terminó de imprimir este libro en los talleres de Italgráfica, S.A. en la Ciudad de Caracas el quince de octubre de 1996 día de Santa Teresa de Ávila
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