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Message des écrivains, des artistes et des intellectuels a leurs collègues du monde
Sábado, 6 de marzo de 2004

Le Venezuela traverse une des périodes les plus dramatiques de son histoire.

Une gigantesque fraude est sur le point de se produire qui ignorera des millions de signatures de vénézuéliens qui réclament un referendum révocatoire du mandat du président Chavez.

Les pressions exercées de façon éhontée para le propre président et ses collaborateurs les plus proches, particulièrement le vice président, les ministres, les députés et les médias publics ont produit leur effet sur les membres du Conseil national électoral, qui, face à l'évidence de l'existence des signatures nécessaires déposées, ont eu recours à des excès de formalités et à des tricheries pour en annuler un numéro suffisant afin d' empêcher la convocation du referendum. Ils obéissent de la sorte aux ordres du président, décidé depuis le début à ne pas le permettre, sachant parfaitement que si un referendum avait lieu, la révocation de son mandat serait inévitable.Face à l'éventualité de perdre le pouvoir, le gouvernement mène une campagne nationale et internationale contre le recueil des signatures pour le referendum révocatoire qui fut dès le premier jour qualifié par le président en personne de « mega fraude »
Les 3.475.000 citoyens vénézuéliens qui ont signé la pétition de convocation du referendum l'ont fait pour les raisons suivantes :

1) La vocation indéniablement despotique et totalitaire du président, largement démontrée par la tendance au contrôle absolu de tous les pouvoirs publics, contrôle déjà atteint à un degré élevé.
2) La militarisation de l'administration publique à tous les niveaux, y compris parmi un nombre élevé de ministres et de gouverneurs.
3) La violation éhontée des lois et de la Constitution de la part du président aussi bien que des fonctionnaires tous les niveaux.
4) La militarisation et le contrôle du parti du président sur l´entreprise publique des pétroles (PDVSA) qui entraîne la dégradation de la plus importante source de revenus du pays et sa privatisation progressive par l'octroi de concessions d'exploitation aux grandes compagnies étrangères.
5) La catastrophe économique, un contrôle des changes ruineux, une inflation élevée, un taux de chômage qui ne cess de s'élever, une croissance dramatique de la pauvreté et une pénurie grandissante de produits de première nécessité tels que les produits alimentaires et pharmaceutiques.
6) La division et le démantèlement des forces armées progressivement substituées par une force militaire parallèle au service non plus de la nation mais de l'homme au pouvoir et de ses complices.
7) La politique internationale incohérente et déséquilibrée, menée par le chef d'État en personne au gré de ses caprices personnels qui porte une atteinte sérieuse aux intérêt du pays.
8) Le pillage systématique et le gaspillage gigantesque des finances publiques.
9) La répression brutale des manifestations populaires par les forces armées et les troupes de choc aux apparences faussement populaires, organisées et armées par le gouvernement.
10) l'intimidation par le biais de subterfuges diverses des médias qui s'opposent au régime et le mépris le plus total pour l'opinion publique.
11) L'abandon des services publics, et tout particulièrement de la sécurité sociale, de l'éducation et de la sante publique pour les substituer par des « missions » de facture clairement populistes.
12) L'indifférence absolue face à la croissance exponentielle de la délinquance.
13) L'exacerbation du culte de la personnalité, caractéristique commune de toutes les dictatures.

Pour comprendre la conjoncture vénézuélienne actuelle il est indispensable de revenir brièvement sur ses origines. En 1958 l'insurrection de Caracas obligea les forces armées à déposer le dictateur Marcos Pérez Jiménez. Les militaires de l'époque donnèrent alors une leçon de civisme au pays, puisqu'ils organisèrent des élections juste après la chute du dictateur afin d' élire librement un gouvernement civil et de rétablir les institutions démocratiques. Les réalisations positives pour le pays des gouvernements qui se succédèrent au pouvoir furent nombreuses. Citons parmi elles la constitution démocratique de 1961 ; la nationalisation du pétrole et du fer ; la construction d'importantes ouvres d'infrastructure, la formidable croissance quantitative de l'éducation maternelle, primaire, secondaire et supérieure; la création de nombreuses institutions culturelles. Mais dans la balance de ces quarante années pèsent également d'innombrables erreurs et des vices tels que la corruption dans l'administration des fonds publics; l'abandon progressif des services sociaux tels que la santé et l' éducation; la ruine de la sécurité sociale; le drame de la sécurité personnelle abandonnée à la délinquance; la chute de l'économie ; l' affaiblissement et la corruption des institutions fondamentales. Tout cela engendra une profonde crise politique, économique et morale qui fut à l'origine des deux tentatives de coup d'état qui utilisèrent le prétexte de la crise pour justifier le renversement d'un gouvernement qui, malgré ses pratiques négatives, conservait sa légitimité démocratique.
En 1998 la crise avait atteint un niveau tel qu' elle produisait un malaise pratiquement généralisé qui menaçait d'engendrer des foyers de violence de grande ampleur comme cela avait déjà été le cas récemment, mais aux conséquences désormais beaucoup plus graves et qui risquaient de devenir incontrôlables. La condamnation des partis politiques qui se sont alterné au pouvoir depuis 1958 sans avoir su construire une démocratie stable, vigoureuse et efficace dans la conduite honnête de l'administration publique, une économie prospère et indépendante et des services publiques efficaces, était notoire.
C'est dans ces conditions, qu'est apparue en 1998 la figure nouvelle du jeune et charismatique lieutenant colonel Hugo Chavez, qui conservait une certaine auréole de héros du coup d'état militaire du 4 février 1992.

A l'époque de nombreux secteurs reçurent avec sympathie l'insurrection militaire, mais le peuple, toujours méfiant envers des militaires en politique, n'est pas descendu dans la rue pour appuyer ce mouvement insurrectionnel qui échoua au bout de quelques heures et mena son chef en prison.

Chavez, maintenant investi de la majesté de la candidature présidentielle éveilla un enthousiasme intense et massif et obtint par les urnes un scrutin largement majoritaire.

Le facteur décisif de cette victoire fut, en plus de son charisme et de la nouveauté du candidat, son engagement à combattre pour que disparaisse la corruption, faire redémarrer l'économie, réduire le chômage, garantir la sécurité sociale et personnelle pour tous, et d'une façon générale, mener le pays sur la voie du développement et de la prospérité. Il disposait pour ce faire de ressources énormes qu'il promettait alors d'administrer avec la plus stricte honnêteté et efficacité.

Dans ces conditions, il était naturel que de larges secteurs de la population, y compris des groupes et des individus de haut niveau de préparation intellectuelle, fussent séduits par le mirage de cette candidature et que les voix qui s'élevaient pour prévenir du danger d'une nouvelle frustration n'aient hélas pas été écoutées.

Et bien entendu la frustration ne s'est pas fait attendre. Chavez n'a pas compris que son programme de gouvernement, cet ensemble de promesses qui enthousiasma des millions de vénézuéliens, exigeaient pour sa mise en place d'un consensus ample, produit d'un travail patient de persuasion, même si il était prévisible que certains secteurs se résistent aux changements que le pays réclamait.

Au lieu de chercher à agglutiner les volontés autour de son projet, Chavez a utilisé un schéma empoisonné, qui pousse à de la violence, la haine de classes et l'exclusion d'immenses secteurs des classes moyennes, baptisés par lui dès le début de son mandat : les oligarques.

Le discours agressif, insolent e injurieux, indigne d'un véritable chef d' état, qui tendait invariablement à discréditer des valeurs des classes moyennes, a entraîné la perte progressive du soutien de ces secteurs qui, avec une large part des couches populaires, constituent actuellement une opposition de près de 70% de la population. C'est cette opposition qui aujourd'hui revendique son droit d'exiger la convocation d'un referendum révocatoire du mandat présidentiel, droit consacré dans la constitution de 1999 rédigée à la mesure du propre Chavez grâce à une Assemblée constituante qui lui était favorable presque à cent pour cent.

Nous dénonçons, devant nos collègues du monde entier la situation ici décrite brièvement, tout spécialement parce que le gouvernement de Chavez mène une campagne insidieuse et extrêmement coûteuse de propagande à l' étranger, financée par les fonds de la nation et que cette campagne a produit de nombreuses confusions parmi des organisations et des personnes facilement dupées par la distance et la méconnaissance de ce qui se passe réellement dans le pays. Cette campagne de propagande prétend faire croire que Hugo Chavez est le leader d'une révolution, mais cette révolution ne va pas plus loin que sa fantaisie baroque. La réalité est que ce régime nous a conduit à la catastrophe à l'ombre de laquelle le chef d'état etses complices n'ont fait que s'enrichir de la façon la plus scandaleuse qu'on ait connu dans l'histoire du Venezuela tout en posant progressivement les jalons d'une future dictature militaire. Sous couvert d'un gouvernement supposé socialiste ou de gauche capable de réveiller les sentiments utopiques dont le peuple vénézuélien, comme tous les peuples du monde, rêve comme de la solution à la pauvreté et à tous les autres maux qu'il subit , ce gouvernement est en fait un gouvernement autoritaire et moralement déprédateur.

Cependant, le président Chavez a été tendancieusement tenace à vouloir nier le caractère démocratique de la grande majorité des vénézuéliens qui nous opposons à ses pratiques autoritaires.

Caracas le 25 février 2004

Alvaro Agudo
Annabella Aguilar
Marisol Aguilera
Francisco Alarcón
Harry Almela
Rosario Alonso de León
Christian Álvarez
Rachel Alvárez
Moira Angulo
Rosario Anzola
Alexander Apóstol
Leonardo Aranguibel
Aixa Armas
Alejandro Armas
Edda Armas
Dolly Armitano
Carolina Arnal
Gustavo Arnstein
Rafael Arráiz Lucca
Belkis Arredondo
María Eugenia Arria
Alberto Arvelo Ramos
Mariela Arvelo
Michaelle Ascencio
Ruth Auerbach
Leonardo Azparren
Alesssandro Balteo
Samuel Baroni
Alberto Barrera Tyszka
Guillermo Barrios
Alberto Baumeister
Margarita Belandria
Waleska Belisario
Ricardo Bello
Josefina Benedetti
Manuel Bermúdez
Giulano Bertolozzi
Marcelino Bisbal
Carlos Blanco
Rodrigo Blanco
Demetrio Boersner
Soledad Bravo
Víctor Bravo
Luis Brito
Blas Bruni Celli
Elizabeth Burgos
Manuel Caballero
Colette Capriles
Antonio Luis Cárdenas
Elsa Cardozo de Silva
Adicea Castillo
Carlos Castillo
Laura Castillo de Gurfínkel
Lissette Castillo
Marian Castillo
Rafael Castillo Zapata
Cristina Castrillo
Carmelo Cazalis
Israel Centeno
Armando Coll
Mara Comerlati
Simón Alberto Consalvi
Morella Contramaestre
Diómedes Cordero
Alfredo Coronil Hartman
Gloria Cuenca de Herrera
María Teresa Chacín
Isaac Chocrón
Sonia Chocrón
Victoria De Stefano
Jorge Díaz Polanco
Rafael Di Prisco
Franzel Delgado Senior
Haydee Deutsch
Roberto Echeto
Enrique Enríquez
Thais Erminy
Roldán Esteva-Grillet
Héctor Faúndez
Iván Feo
Carlos Fernández Cuesta
Daniel Fernández Shaw
Ana María Ferris
Ana Luisa Figueredo
Emilio Figueredo
Carlos Armando Figueredo
Alicia Freilich
Miriam Freilich
Marisol Fuentes
Hernán Gamboa
Esther Gamus
Paulina Gamus
Raquel Gamus
Humberto García Larralde
Evangelina García Prince
María Antonia García Sucre
Diana García Sucre
Nelson Garrido
Judith Ghasgahie
Jacqueline Goldberg
Miguel Gomes
Emeterio Gómez
Luis Gómez Calcaño
María Elena González Adriano González León
Anna Gradowska
Moraima Guanipa
Víctor Guédez
Gustavo Guerrero
Arturo Gutiérrez Plaza
Sonia Hecker
Alberto Hernández
Tosca Hernández
Adolfo Herrera
Bernardino Herrera
Sofía Imber
Juan Iribarren
Rodolfo Izaguirre
Fausto Izcaray
Angelina Jaffé
Verónica Jaffé
Ariel Jiménez
Kira Kariakin
Marianne Kohn Beker
Gisela Kozak
Karl Krispin
Enrique Larrañaga
María Luisa Lazzaro
Carole Leal Curiel
Vicente Lecuna
Hélice León
Elisa Lerner
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