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Message des écrivains, des artistes et des intellectuels a leurs collègues du monde Sábado, 6 de marzo de 2004
Le Venezuela traverse une des périodes les plus dramatiques de son histoire.
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Une gigantesque fraude est sur le point de se produire qui ignorera des millions de signatures de vénézuéliens qui réclament un referendum révocatoire du mandat du président Chavez. Les pressions exercées de façon éhontée para le propre président et ses
collaborateurs les plus proches, particulièrement le vice président, les
ministres, les députés et les médias publics ont produit leur effet sur
les membres du Conseil national électoral, qui, face à l'évidence de
l'existence des signatures nécessaires déposées, ont eu recours à des excès de
formalités et à des tricheries pour en annuler un numéro suffisant afin
d' empêcher la convocation du referendum. Ils obéissent de la sorte aux
ordres du président, décidé depuis le début à ne pas le permettre, sachant
parfaitement que si un referendum avait lieu, la révocation de son mandat serait inévitable.Face à l'éventualité de perdre le pouvoir, le gouvernement mène une
campagne nationale et internationale contre le recueil des signatures pour le referendum révocatoire qui fut dès le premier jour qualifié par le président en personne de « mega fraude » 1) La vocation indéniablement despotique et totalitaire du président, largement démontrée par la tendance au contrôle absolu de tous les pouvoirs publics, contrôle déjà atteint à un degré élevé. Pour comprendre la conjoncture vénézuélienne actuelle il est indispensable de revenir brièvement sur ses origines. En 1958 l'insurrection de Caracas obligea les forces armées à déposer le dictateur Marcos Pérez Jiménez. Les militaires de l'époque donnèrent alors une leçon de civisme au pays, puisqu'ils organisèrent des élections juste après la chute du dictateur afin d' élire librement un gouvernement civil et de rétablir les institutions démocratiques. Les réalisations positives pour le pays des gouvernements qui se succédèrent au pouvoir furent nombreuses. Citons parmi elles la constitution démocratique de 1961 ; la nationalisation du pétrole et du fer ; la construction d'importantes ouvres d'infrastructure, la formidable croissance quantitative de l'éducation maternelle, primaire, secondaire et supérieure; la création de nombreuses institutions culturelles. Mais dans la balance de ces quarante années pèsent également
d'innombrables erreurs et des vices tels que la corruption dans l'administration des
fonds publics; l'abandon progressif des services sociaux tels que la santé et l' éducation; la ruine de la sécurité sociale; le drame de la sécurité personnelle abandonnée à la délinquance; la chute de l'économie ; l' affaiblissement et la corruption des institutions fondamentales. Tout cela engendra une profonde crise politique, économique et morale qui fut à l'origine des deux tentatives de coup d'état qui utilisèrent le prétexte de la crise pour justifier le renversement d'un gouvernement qui, malgré ses pratiques négatives, conservait sa légitimité démocratique. A l'époque de nombreux secteurs reçurent avec sympathie l'insurrection militaire, mais le peuple, toujours méfiant envers des militaires en politique, n'est pas descendu dans la rue pour appuyer ce mouvement insurrectionnel qui échoua au bout de quelques heures et mena son chef en prison. Chavez, maintenant investi de la majesté de la candidature présidentielle éveilla un enthousiasme intense et massif et obtint par les urnes un scrutin largement majoritaire. Le facteur décisif de cette victoire fut, en plus de son charisme et de la nouveauté du candidat, son engagement à combattre pour que disparaisse la corruption, faire redémarrer l'économie, réduire le chômage, garantir la sécurité sociale et personnelle pour tous, et d'une façon générale, mener le pays sur la voie du développement et de la prospérité. Il disposait pour ce faire de ressources énormes qu'il promettait alors d'administrer avec la plus stricte honnêteté et efficacité. Dans ces conditions, il était naturel que de larges secteurs de la population, y compris des groupes et des individus de haut niveau de préparation intellectuelle, fussent séduits par le mirage de cette candidature et que les voix qui s'élevaient pour prévenir du danger d'une nouvelle frustration n'aient hélas pas été écoutées. Et bien entendu la frustration ne s'est pas fait attendre. Chavez n'a pas compris que son programme de gouvernement, cet ensemble de promesses qui enthousiasma des millions de vénézuéliens, exigeaient pour sa mise en place d'un consensus ample, produit d'un travail patient de persuasion, même si il était prévisible que certains secteurs se résistent aux changements que le pays réclamait. Au lieu de chercher à agglutiner les volontés autour de son projet, Chavez a utilisé un schéma empoisonné, qui pousse à de la violence, la haine de classes et l'exclusion d'immenses secteurs des classes moyennes, baptisés par lui dès le début de son mandat : les oligarques. Le discours agressif, insolent e injurieux, indigne d'un véritable chef d' état, qui tendait invariablement à discréditer des valeurs des classes moyennes, a entraîné la perte progressive du soutien de ces secteurs qui, avec une large part des couches populaires, constituent actuellement une opposition de près de 70% de la population. C'est cette opposition qui aujourd'hui revendique son droit d'exiger la convocation d'un referendum révocatoire du mandat présidentiel, droit consacré dans la constitution de 1999 rédigée à la mesure du propre Chavez grâce à une Assemblée constituante qui lui était favorable presque à cent pour cent. Nous dénonçons, devant nos collègues du monde entier la situation ici décrite brièvement, tout spécialement parce que le gouvernement de Chavez mène une campagne insidieuse et extrêmement coûteuse de propagande à l' étranger, financée par les fonds de la nation et que cette campagne a produit de nombreuses confusions parmi des organisations et des personnes facilement dupées par la distance et la méconnaissance de ce qui se passe réellement dans le pays. Cette campagne de propagande prétend faire croire que Hugo Chavez est le leader d'une révolution, mais cette révolution ne va pas plus loin que sa fantaisie baroque. La réalité est que ce régime nous a conduit à la catastrophe à l'ombre de laquelle le chef d'état etses complices n'ont fait que s'enrichir de la façon la plus scandaleuse qu'on ait connu dans l'histoire du Venezuela tout en posant progressivement les jalons d'une future dictature militaire. Sous couvert d'un gouvernement supposé socialiste ou de gauche capable de réveiller les sentiments utopiques dont le peuple vénézuélien, comme tous les peuples du monde, rêve comme de la solution à la pauvreté et à tous les autres maux qu'il subit , ce gouvernement est en fait un gouvernement autoritaire et moralement déprédateur. Cependant, le président Chavez a été tendancieusement tenace à vouloir nier le caractère démocratique de la grande majorité des vénézuéliens qui nous opposons à ses pratiques autoritaires. Caracas le 25 février 2004 Alvaro Agudo Version en Inglés |
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